Kandi a vibré, samedi 15 août, au rythme des retrouvailles. Dans la cité des Kandissounons et des Saka, les membres de la communauté Rouga se sont donné rendez-vous pour une première édition placée sous le signe de la fraternité.
Des visages venus de plusieurs horizons du Bénin. Des familles qui se retrouvent. Des générations qui se découvrent. Des échanges qui permettent à certains de renouer avec une histoire familiale parfois peu connue.
Redécouvrir ses racines
Pour Docteur Djidado ROUGA, membre de la communauté et participant à cette rencontre, l'expérience est une véritable découverte.
« Pour une première edition, cest une réussite pour moi », témoigne-t-il. Mais au-delà de la nouveauté, cette rencontre lui a permis de mieux connaître une partie de son histoire familiale.
« Elle m'a permis de savoir davantage sur ma gtande famille, de redécouvrir les potentialités et les grandeurs de cette communauté longtemps ignorée », explique-t-il.
Une découverte qui nourrit aussi un sentiment de fierté.
Pour ce jeune cadre, appartenir à la communauté Rouga représente désormais une identité qu'il assume avec davantage de connaissance et de fierté. La rencontre lui permet surtout de mesurer l'importance de liens qui, jusque-là, étaient parfois restés dans l'ombre.
Une identité qui rassemble, pas qui divise
Mais la Grande Retrouvaille des Rouga ne s'est pas limitée à la célébration d'une identité communautaire.
Le véritable enjeu est ailleurs : faire de cette identité une force de rassemblement.
Se connaître.
Se retrouver.
Se soutenir.
Mais aussi apprendre à mieux vivre avec les autres.
Dans un contexte où la cohésion sociale et la paix durable constituent des préoccupations majeures, l'initiative apparaît comme un signal positif. La célébration d'une identité particulière peut, lorsqu'elle est ouverte au dialogue et au respect des autres, contribuer à renforcer le tissu social.
Les Rouga ont ainsi voulu transformer les liens de sang en liens de solidarité.
Les jeunes au cœur de la transmission
L'une des forces de cette première édition réside également dans la présence des jeunes.
Pour eux, la rencontre est une occasion de découvrir leurs origines, de rencontrer des membres de leur famille parfois éloignés géographiquement et de mieux comprendre l'histoire de leur communauté.
Une transmission essentielle.
Car derrière les chants, les échanges et les moments de convivialité, se joue aussi la préservation d'une mémoire collective.
Une mémoire que les nouvelles générations sont appelées à porter.
Kandi, terre de convergence
Le choix de Kandi pour accueillir cette première édition donne également une dimension particulière à l'événement.
Ville de brassage, Kandi est depuis longtemps un espace où se rencontrent différentes communautés et différentes cultures.
Y organiser une telle rencontre revient donc à inscrire les retrouvailles dans un cadre plus large : celui du dialogue entre les communautés et de la construction d'un vivre-ensemble apaisé.
Le message qui se dégage de cette première édition est simple : connaître ses racines ne signifie pas se fermer aux autres.
Au contraire.
Une communauté qui connaît son histoire, qui valorise ses membres et qui transmet ses valeurs peut davantage contribuer à la construction de la société.
Une première édition, un nouveau départ
Au terme de cette journée du 15 août, une évidence s'impose.
Le rêve de se retrouver est devenu réalité.
Et cette réalité pourrait désormais ouvrir la voie à une tradition.
La Grande Retrouvaille des Rouga aura été un rendez-vous familial, culturel et identitaire.
Mais elle aura surtout porté un message plus universel : la cohésion sociale commence aussi par la capacité à se connaître, à se respecter et à se retrouver.
À Kandi, les Rouga ont donc renoué avec leurs racines.
Ils ont célébré leur identité.
Et, surtout, ils ont rappelé qu'une identité assumée peut être une passerelle vers les autres.
