Politique

Développement territorial : ramener l’entreprise au village, une piste pour freiner l’exode rural

Meagui MÉDIA ·20 août 20268 min
Développement territorial : ramener l’entreprise au village, une piste pour freiner l’exode rural

Et si une partie de la réponse à l’exode des jeunes vers les grandes villes consistait, tout simplement, à rapprocher l’emploi des territoires ruraux ?

Développement territorial : ramener l’entreprise au village, une piste pour freiner l’exode rural

Côte d’Ivoire — Et si une partie de la réponse à l’exode des jeunes vers les grandes villes consistait, tout simplement, à rapprocher l’emploi des territoires ruraux ?

C’est l’idée défendue par M. Fiéni, président du parti PRO CÔTE D’IVOIRE, qui propose une expérience pilote visant à installer des relais de certaines de ses entreprises dans 10 villages, avec un principe central : 90 % des emplois seraient confiés à une main-d’œuvre locale.

Un modèle territorial à repenser

Pendant des années, l’essentiel des opportunités économiques, des investissements et des emplois s’est concentré autour d’Abidjan et des principaux pôles urbains. Cette concentration contribue à renforcer l’attractivité des villes, mais elle accentue parallèlement la fragilité de nombreux villages.

Pour les jeunes ruraux, le départ vers la ville apparaît souvent comme une nécessité plutôt qu'un choix. À l’inverse, les territoires d’origine perdent progressivement une partie de leur population active, de leurs compétences et de leur potentiel entrepreneurial.

Cette dynamique crée un paradoxe : les grandes villes doivent absorber une population toujours plus importante tandis que certains villages peinent à maintenir leurs activités économiques et leurs services essentiels.

« Ramener l’entreprise au village »

La proposition de M. Fiéni repose sur une inversion du modèle traditionnel.

Plutôt que de demander aux jeunes de quitter leur village pour accéder à un emploi, l’objectif serait de créer des conditions permettant à certaines activités économiques de s’implanter directement dans les communautés rurales.

Le projet prévoit ainsi la création de relais connectés et adaptés aux réalités locales, dans le cadre d’une première expérimentation concernant dix villages.

La priorité annoncée à l’emploi local constitue l’un des éléments les plus structurants du projet. Les jeunes seraient recrutés sur place, formés en fonction des besoins des entreprises et employés avec de véritables contrats de travail.

Au-delà de l’emploi : maintenir les communautés en vie

L’intérêt d’une telle approche ne se limite pas à la création de postes de travail.

Un emploi local peut générer plusieurs effets indirects : maintien des revenus dans la communauté, consommation locale, développement des petits commerces, émergence de services et renforcement de l’attractivité du territoire.

La logique défendue est donc celle d’un effet domino positif : maintenir l’activité économique peut contribuer à maintenir les familles, les écoles, les commerces et, plus largement, la vie sociale du village.

Cette approche rejoint une problématique majeure du développement rural : un territoire ne peut rester durablement attractif s’il ne permet pas à sa jeunesse d’y construire un avenir.

Une initiative ambitieuse qui devra faire ses preuves

L’idée est séduisante, mais sa réussite dépendra de plusieurs facteurs.

Toutes les entreprises ne peuvent évidemment pas être délocalisées dans les villages. Certaines activités nécessitent des infrastructures spécifiques, une proximité avec les marchés, des réseaux logistiques performants ou une main-d’œuvre hautement spécialisée.

La question de la connectivité numérique, de l’électricité, de l’accès aux services financiers, du transport et de la formation professionnelle sera également déterminante.

Le véritable défi sera donc de sélectionner les activités pouvant fonctionner efficacement depuis les territoires ruraux et de créer autour d’elles un environnement économique viable.

Les 10 villages comme laboratoire

L’expérience annoncée dans dix villages pourrait justement permettre de mesurer concrètement la pertinence du modèle.

Des indicateurs précis pourraient être suivis : nombre d’emplois créés, proportion de salariés locaux, évolution des revenus, maintien des jeunes dans les villages, création d’activités secondaires, chiffre d’affaires généré localement et impact sur les services de proximité.

Si les résultats sont concluants, l’expérience pourrait inspirer d’autres entreprises et collectivités.

Vers une nouvelle vision du développement rural ?

Au fond, la proposition pose une question beaucoup plus large : faut-il continuer à organiser le développement autour de quelques grandes villes ou construire davantage de pôles économiques répartis sur l’ensemble du territoire ?

Ramener certaines entreprises dans les villages ne constitue évidemment pas une solution unique à l’exode rural. Mais cela peut devenir un levier parmi d’autres, à condition d’être accompagné par des investissements dans les infrastructures, la formation, le numérique, l’agriculture, la transformation locale et l’entrepreneuriat.

L’enjeu est finalement de passer d’une logique où le village est considéré comme un point de départ vers la ville à une logique où le village peut aussi devenir un lieu d’opportunités, de production et de réussite.

Car derrière chaque emploi créé localement, il n’y a pas seulement un salaire.

Il peut y avoir une famille qui reste, une activité qui naît, un commerce qui se développe et un territoire qui retrouve confiance en son avenir.

Les dix villages annoncés seront-ils Développement territorial : ramener l’entreprise au village, une piste pour freiner l’exode rural

Côte d’Ivoire — Et si une partie de la réponse à l’exode des jeunes vers les grandes villes consistait, tout simplement, à rapprocher l’emploi des territoires ruraux ?

C’est l’idée défendue par M. Fiéni, président du parti PRO CÔTE D’IVOIRE, qui propose une expérience pilote visant à installer des relais de certaines de ses entreprises dans 10 villages, avec un principe central : 90 % des emplois seraient confiés à une main-d’œuvre locale.

Un modèle territorial à repenser

Pendant des années, l’essentiel des opportunités économiques, des investissements et des emplois s’est concentré autour d’Abidjan et des principaux pôles urbains. Cette concentration contribue à renforcer l’attractivité des villes, mais elle accentue parallèlement la fragilité de nombreux villages.

Pour les jeunes ruraux, le départ vers la ville apparaît souvent comme une nécessité plutôt qu'un choix. À l’inverse, les territoires d’origine perdent progressivement une partie de leur population active, de leurs compétences et de leur potentiel entrepreneurial.

Cette dynamique crée un paradoxe : les grandes villes doivent absorber une population toujours plus importante tandis que certains villages peinent à maintenir leurs activités économiques et leurs services essentiels.

« Ramener l’entreprise au village »

La proposition de M. Fiéni repose sur une inversion du modèle traditionnel.

Plutôt que de demander aux jeunes de quitter leur village pour accéder à un emploi, l’objectif serait de créer des conditions permettant à certaines activités économiques de s’implanter directement dans les communautés rurales.

Le projet prévoit ainsi la création de relais connectés et adaptés aux réalités locales, dans le cadre d’une première expérimentation concernant dix villages.

La priorité annoncée à l’emploi local constitue l’un des éléments les plus structurants du projet. Les jeunes seraient recrutés sur place, formés en fonction des besoins des entreprises et employés avec de véritables contrats de travail.

Au-delà de l’emploi : maintenir les communautés en vie

L’intérêt d’une telle approche ne se limite pas à la création de postes de travail.

Un emploi local peut générer plusieurs effets indirects : maintien des revenus dans la communauté, consommation locale, développement des petits commerces, émergence de services et renforcement de l’attractivité du territoire.

La logique défendue est donc celle d’un effet domino positif : maintenir l’activité économique peut contribuer à maintenir les familles, les écoles, les commerces et, plus largement, la vie sociale du village.

Cette approche rejoint une problématique majeure du développement rural : un territoire ne peut rester durablement attractif s’il ne permet pas à sa jeunesse d’y construire un avenir.

Une initiative ambitieuse qui devra faire ses preuves

L’idée est séduisante, mais sa réussite dépendra de plusieurs facteurs.

Toutes les entreprises ne peuvent évidemment pas être délocalisées dans les villages. Certaines activités nécessitent des infrastructures spécifiques, une proximité avec les marchés, des réseaux logistiques performants ou une main-d’œuvre hautement spécialisée.

La question de la connectivité numérique, de l’électricité, de l’accès aux services financiers, du transport et de la formation professionnelle sera également déterminante.

Le véritable défi sera donc de sélectionner les activités pouvant fonctionner efficacement depuis les territoires ruraux et de créer autour d’elles un environnement économique viable.

Les 10 villages comme laboratoire

L’expérience annoncée dans dix villages pourrait justement permettre de mesurer concrètement la pertinence du modèle.

Des indicateurs précis pourraient être suivis : nombre d’emplois créés, proportion de salariés locaux, évolution des revenus, maintien des jeunes dans les villages, création d’activités secondaires, chiffre d’affaires généré localement et impact sur les services de proximité.

Si les résultats sont concluants, l’expérience pourrait inspirer d’autres entreprises et collectivités.

Vers une nouvelle vision du développement rural ?

Au fond, la proposition pose une question beaucoup plus large : faut-il continuer à organiser le développement autour de quelques grandes villes ou construire davantage de pôles économiques répartis sur l’ensemble du territoire ?

Ramener certaines entreprises dans les villages ne constitue évidemment pas une solution unique à l’exode rural. Mais cela peut devenir un levier parmi d’autres, à condition d’être accompagné par des investissements dans les infrastructures, la formation, le numérique, l’agriculture, la transformation locale et l’entrepreneuriat.

L’enjeu est finalement de passer d’une logique où le village est considéré comme un point de départ vers la ville à une logique où le village peut aussi devenir un lieu d’opportunités, de production et de réussite.

Car derrière chaque emploi créé localement, il n’y a pas seulement un salaire.

Il peut y avoir une famille qui reste, une activité qui naît, un commerce qui se développe et un territoire qui retrouve confiance en son avenir.

Les dix villages annoncés seront-ils le début d’un nouveau modèle de développement territorial en Côte d’Ivoire ? L’expérience permettra peut-être d’apporter les premières réponses.

Bay21

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