Insécurité alimentaire : les tensions géopolitiques font peser un risque sur les approvisionnements africains

Dynafrika.com·27 août 20263 min
Insécurité alimentaire : les tensions géopolitiques font peser un risque sur les approvisionnements africains

Les perturbations du commerce maritime et les difficultés d’accès aux engrais pourraient accentuer les tensions sur les marchés agricoles. Washington alerte sur les conséquences pour plusieurs pays africains.

Par la Rédaction

L’insécurité alimentaire mondiale pourrait connaître une nouvelle aggravation sous l’effet des conflits et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. C’est l’alerte lancée par les États-Unis lors d’un débat public du Conseil de sécurité des Nations unies consacré à l’insécurité alimentaire, le 25 août 2026, à New York.

Selon l’allocution de Jennifer Locetta, représentante suppléante des États-Unis aux Affaires politiques spéciales, les crises internationales deviennent plus nombreuses et plus complexes. Les dispositifs humanitaires peinent, eux, à répondre à l’ampleur des besoins.

Le facteur Ormuz

Washington place au cœur de son analyse les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz.

Selon la mission américaine auprès de l’ONU, les attaques attribuées au régime iranien ont affecté près d’un quart du commerce mondial de pétrole et environ un tiers du commerce mondial d’engrais. Les États-Unis dénoncent également les entraves à la liberté de navigation dans cette zone stratégique.

Les conséquences sont déjà perceptibles sur les marchés de l’énergie.

Le blocage des exportations par le détroit a contribué, selon Washington, à une flambée des prix du carburant. La hausse des coûts énergétiques affecte l’ensemble des économies. Elle fragilise surtout les régions où les progrès en matière de sécurité alimentaire restent précaires, notamment la Syrie et Gaza.

Les engrais au cœur du risque

L’enjeu est également agricole.

Les engrais concernés par les perturbations du trafic maritime sont indispensables à la production alimentaire dans plusieurs régions du monde.

L’Afrique subsaharienne figure parmi les zones exposées.

Une baisse des disponibilités pourrait entraîner une diminution de la production agricole au cours des prochains mois. Washington anticipe alors un risque de contraction de l’offre alimentaire et de hausse des prix.

Le Soudan, le Nigeria et la République démocratique du Congo pourraient notamment être touchés. 

Cette situation illustre la forte interdépendance entre énergie, transport maritime, disponibilité des intrants et sécurité alimentaire.

La pression humanitaire s’accentue

En République démocratique du Congo, plus de 16 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire, selon le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine cité dans l’allocution américaine.

Le pays est confronté simultanément aux attaques de groupes armés contre les civils et aux obstacles à l’accès humanitaire.

Au Soudan, la situation est également particulièrement critique. Le conflit a provoqué une crise humanitaire majeure. L’accès à la nourriture et sa disponibilité auraient même été utilisés comme instruments de guerre.

Washington appelle les parties au conflit à garantir un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave à l’ensemble du territoire soudanais.

Le climat ajoute une autre incertitude

Les conflits ne constituent toutefois pas l’unique menace.

Les phénomènes climatiques pourraient également accentuer la pression sur l’offre alimentaire. L’allocution américaine cite notamment El Niño, susceptible, selon Washington, de plonger des dizaines de millions de personnes supplémentaires dans une situation de famine aiguë.

La combinaison de ces différents facteurs constitue un risque majeur pour les économies les plus vulnérables.

Plus d’un milliard de dollars annoncés

Face à cette situation, les États-Unis affirment maintenir leur engagement humanitaire.

Washington indique avoir récemment annoncé une aide de plus d’un milliard de dollars destinée à l’UNICEF et au Programme alimentaire mondial. Cette enveloppe doit contribuer à répondre aux besoins mondiaux en matière d’aide humanitaire, de nutrition et de sécurité alimentaire.

Les États-Unis indiquent également rechercher des solutions aux pénuries d’engrais.

Au-delà de l’urgence humanitaire, le dossier pose une question économique stratégique : celle de la résilience des chaînes d’approvisionnement agricoles.

Pour les pays africains dépendants des importations d’intrants, la sécurisation des flux devient ainsi un enjeu majeur. Une perturbation durable pourrait affecter les coûts de production, l’offre agricole et, in fine, les prix alimentaires.

Washington assure enfin qu’il poursuivra ses efforts pour venir en aide aux populations confrontées à la faim, qu’elle soit provoquée par les conflits ou par les catastrophes naturelles.

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