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Contrôle des armes légères : L'ONU forme une nouvelle cohorte de praticiens africains

Ecotribune·24 août 20264 min
Contrôle des armes légères : L'ONU forme une nouvelle cohorte de praticiens africains

Le Bénin a accueilli, du 17 au 21 août 2026, la deuxième édition africaine du programme de formation des boursiers de l’UNREC sur le contrôle des armes légères et de petit calibre (ALPC). Pendant cinq jours, 22 participants issus de 16 pays ont renforcé leurs compétences avant de regagner leurs pays avec des projets destinés à améliorer les mécanismes nationaux de contrôle des armes.

La formation s’achève, mais le véritable travail commence désormais sur le terrain. Après cinq (05) jours d’apprentissage, d’exercices pratiques et d’échanges au Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles de déminage et de dépollution (CPADD) de Ouidah, les 22 boursiers africains du programme de l’UNREC regagnent leurs pays respectifs pour traduire les connaissances acquises en réponses concrètes face à la circulation illicite des armes légères et de petit calibre. Portée par le Bureau des Affaires du Désarmement des Nations Unies (UNODA) et le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC), cette deuxième édition africaine s’inscrit dans le cadre de la résolution 77/71 de l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle vise à renforcer les capacités des acteurs appelés à prévenir et combattre le commerce illicite, le détournement et la prolifération des ALPC. Au cours des cinq (05) jours de renforcement, plusieurs thématiques ont été développées. Il s’agit entre autres de : Cadres normatifs internationaux et régionaux, gestion des armes et des munitions, marquage, enregistrement, traçage, sécurité des stocks, destruction, contrôle aux frontières et transferts d’armes. Diplomates, responsables de la police, de l’armée et de la gendarmerie ont été confrontés à des problématiques directement liées aux réalités opérationnelles de leurs pays.

Des compétences adaptées aux réalités africaines

La formation a également intégré des dimensions liées au genre, à la jeunesse et à la prévention de la violence armée. Une approche qui entend aller au-delà de la maîtrise technique des armes pour prendre en compte les facteurs sociaux et institutionnels qui favorisent leur circulation illicite. Pour le directeur de l’UNREC, Anselme Nahmtante Yabouri, les résultats de cette cohorte sont particulièrement encourageants. « Au terme de cette deuxième édition africaine, parce que c'est un programme qui est global mais qui est décliné continent par continent, nous rendons compte que la cohorte de cette année est même plus solide que celle de l'année dernière et qu'ils ont assimilé plus rapidement les connaissances théoriques, qu’ils se sont mieux comportés lors des séances pratiques et qu’ ils ont présenté également des projets individuels plus pertinents qu'ils prennent avec eux de retour dans leur pays respectif pour pouvoir les mettre en œuvre et faire avancer la cause du contrôle des armes illicites dans leur pays respectif. », a-t-il confié.

Des projets d’actions

Le dispositif ne s’est pas limité aux enseignements. Exercices pratiques, études de cas et visites de terrain ont permis aux participants de confronter leurs acquis aux réalités auxquelles sont confrontées les administrations africaines. « Pendant ces semaines, nous avons abordé les principaux cadres internationaux et régionaux, la gestion des armes et des munitions, le marquage, l'enregistrement, le traçage, la gestion des stocks, la destruction, la sécurité aux frontières, les transferts, le rôle des commissions nationales, les plans d'action nationaux mais également les dimensions liées au genre, à la jeunesse et à la prévention de la violence armée. (…) Une formation comme celle-ci n’est jamais en sens unique. Nous avons aussi appris de vous », a déclaré Charahzade Housni, chargée de programme à l’UNODA. L’évaluation finale a permis de confirmer l’assimilation des connaissances. « 100% des boursiers ont réussi au test », a révélé Charahzade Housni. Le projet porté par la Marocaine Maroua Kharbouch a obtenu le premier prix.

Le financement, prochain défi des lauréats

Pour l’UNREC, la formation n’a de portée que si les projets conçus par les participants trouvent parviennent à être opérationnels. A cet effet, un mécanisme de suivi est prévu et certains projets pourront bénéficier d’un appui financier. Mais les boursiers sont aussi encouragés à rechercher des ressources dans leurs propres pays. L’objectif est ainsi de favoriser l’appropriation nationale des initiatives et de renforcer la capacité des acteurs africains à construire eux-mêmes les réponses adaptées à leurs contextes. Au terme de la session, le porte-parole des participants, Rasheeda Aliyu Lawwal, a évoqué « une expérience enrichissante et mémorable ». Elle retient également « une formation a été un véritable espace d’échange ». Pour le CPADD, qui a accueilli cette phase béninoise, l’enjeu est désormais de voir les connaissances acquises produire des effets dans les différents pays représentés. « Cette session a été une réelle réussite. J'espère maintenant de tout cœur que tout ce qui a été appris, que ce soit les phases pratiques ou les phases théoriques, vous permettront de faire avancer chacun de vos pays le sujet de la maîtrise des Alpc », a confié le Commandant Jean-Eudes Bujadoux, directeur des études du CPADD. Les 22 boursiers disposent désormais de l’expertise pour améliorer les mécanismes nationaux de contrôle des armes.

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