Politique

Côte d’Ivoire : ces quatre grandes figures politiques décédées que Saïoua n’oubliera jamais

Gbaka Timothée ·26 août 20264 min
Côte d’Ivoire : ces quatre grandes figures politiques décédées que Saïoua n’oubliera jamais

Abidjan, mercredi 26 août 2026 – Le canton Yocolo, situé dans le département d’Issia, dans la région du Haut-Sassandra, et rattaché à la sous-préfecture de Saïoua, a vu émerger plusieurs personnalités qui ont profondément marqué la vie politique, administrative et économique de la Côte d’Ivoire.

Parmi ces illustres fils aujourd’hui disparus, Alphonse Djédjé Mady, Charles Blé Blé, Paul Antoine Bohoun Bouabré et Désiré Asségnini Tagro occupent une place singulière dans la mémoire collective. Leurs parcours, classés ici par ordre décroissant de leurs dates de décès, témoignent du rayonnement du Yocolo sur la scène politique nationale.

1. Alphonse Djédjé Mady : une figure majeure du PDCI-RDA

Né le 1er janvier 1945 à Gazehio, dans la commune de Saïoua, Alphonse Djédjé Mady a consacré une grande partie de sa vie à la médecine, à l’université et à la politique.

Médecin et universitaire, il accède au gouvernement sous Félix Houphouët-Boigny en qualité de ministre de la Santé. Son ascension politique se poursuit au sein du PDCI-RDA, dont il devient secrétaire général, s’imposant comme l’un des principaux responsables du parti.

Sur le plan local, il dirige le Conseil régional du Haut-Sassandra et représente également Saïoua à l’Assemblée nationale.

Décédé le 23 août 2026, à l’âge de 81 ans, Alphonse Djédjé Mady laisse derrière lui l’image d’un homme dont la carrière aura embrassé plusieurs secteurs essentiels de la vie publique ivoirienne.

2. Charles Blé Blé : le politique et homme d’affaires

Charles Blé Blé fut l’une des figures politiques marquantes de Saïoua. Économiste, homme d’affaires et responsable politique, il est notamment connu pour avoir été maire de Saïoua.

Surnommé « l’Américain », en référence à son parcours académique aux États-Unis, il s’engage dans la vie politique avec le Front populaire ivoirien (FPI). Il compte parmi les cadres importants de cette formation et crée par la suite la NADCI-JDP, dont il devient le président.

Son parcours professionnel l’a également conduit dans les domaines des assurances, du conseil et de l’enseignement.

Charles Blé Blé décède à Abidjan le 15 mars 2016. Il est inhumé à Korébouo, dans la sous-préfecture de Saïoua.

3. Paul Antoine Bohoun Bouabré : l’économiste au cœur de l’État

Né le 9 février 1957 à Niakia, Paul Antoine Bohoun Bouabré demeure l’une des personnalités les plus emblématiques du Yocolo.

Professeur agrégé d’économie, il mène d’abord une carrière universitaire avant d’accéder aux plus hautes fonctions gouvernementales. Sous Laurent Gbagbo, il est successivement ministre du Commerce et de l’Industrie, puis ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, avant de prendre la tête du ministère du Plan et du Développement.

Technicien reconnu de l’appareil d’État et cadre du FPI, il joue également un rôle politique important dans le département d’Issia.

Il meurt à Jérusalem le 11 janvier 2012, à l’âge de 54 ans, et est inhumé dans son village natal de Niakia.

4. Désiré Asségnini Tagro : du droit à la tête du ministère de l’Intérieur

Désiré Asségnini Tagro, né le 27 janvier 1959 à Issia et originaire de Gabia, est l’autre grande figure politique du Yocolo à avoir occupé des fonctions régaliennes au sommet de l’État.

Magistrat et juriste de formation, il devient conseiller juridique du président Laurent Gbagbo et participe aux négociations qui aboutissent aux accords politiques de Ouagadougou en 2007.

Il est nommé ministre de l’Intérieur en 2007, avant d’occuper les fonctions de secrétaire général de la présidence de la République.

Il décède le 12 avril 2011, dans le contexte de la crise postélectorale ivoirienne, et est inhumé à Gabia, son village natal.

5. Que retenir ?

Ces quatre figures emblématiques ont, chacune à son époque et dans son domaine, contribué au rayonnement de Saïoua et du canton Yocolo au sein de la vie publique ivoirienne. Alphonse Djédjé Mady, Charles Blé Blé, Paul Antoine Bohoun Bouabré et Désiré Asségnini Tagro ont exercé des responsabilités diverses, allant de la médecine à l’économie, de la magistrature à l’administration publique, de la politique locale aux plus hautes fonctions gouvernementales.

Au-delà de leurs appartenances politiques et de leurs sensibilités respectives, leurs parcours traduisent la capacité du Yocolo à faire émerger des cadres de haut niveau appelés à servir la nation. Leur présence dans les institutions de la République a contribué à donner à Saïoua une visibilité particulière sur l’échiquier politique national.

Leur disparition successive constitue une perte pour leur terroir, mais leur héritage demeure. Leurs trajectoires peuvent aujourd’hui servir de repères aux nouvelles générations, appelées à préserver la mémoire de ces illustres fils du Yocolo et à poursuivre l’œuvre de développement de leur région.

Le Yocolo ne se résume pas à un espace géographique : il constitue également une terre de talents, d’engagement et de responsabilités, dont ces quatre grandes figures politiques incarnent une partie remarquable de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire.

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