Côte d'Ivoire / Crise de chefferie à l’Ouest : Monoko-Zohi et Guéhouo réclament le respect de la coutume

Gbaka Timothée ·30 août 20263 min
Côte d'Ivoire / Crise de chefferie à l’Ouest : Monoko-Zohi et Guéhouo réclament le respect de la coutume

Abidjan, dimanche 30 août 2026 – La crise autour de la désignation des chefs coutumiers prend une tournure préoccupante dans plusieurs localités de l’ouest de la Côte d’Ivoire. À Monoko-Zohi, dans le département de Vavoua, la contestation a été marquée par des tensions avec la gendarmerie, l’usage présumé de gaz lacrymogènes, des arrestations et le décès d’un jeune homme retrouvé dans les locaux de la brigade. À Guéhouo, dans le département de Bangolo, des échauffourées ont également opposé, samedi 29 août 2026, des jeunes du village à des éléments de la gendarmerie, sur fond de désaccord autour de la désignation du chef de village.

À Guéhouo, les tensions sont survenues alors qu’une réunion devait se tenir dans le cadre du processus de désignation du prochain chef du village. Selon les informations rapportées, des jeunes de la localité se seraient opposés à l’accès au village aux éléments de la gendarmerie, venus dans le contexte de cette rencontre.

Cette opposition aurait donné lieu à des échauffourées entre les jeunes et les forces de l’ordre. Les motivations précises de l’intervention de la gendarmerie ainsi que le déroulement exact des incidents restent à documenter.

Cette nouvelle confrontation intervient alors qu’une lettre attribuée à un jeune notable de Guéhouo avait récemment appelé les différentes parties à privilégier la paix et le respect des mécanismes coutumiers. L’auteur, qui dit avoir choisi de garder l’anonymat « par prudence », s’adressait au chef du canton Zagna de Bangolo pour lui demander de favoriser un règlement consensuel de la question de la chefferie.

Dans cette correspondance, le notable invoque les traditions du pays Wê et insiste sur le rôle de la Notabilité, du Chef de Terre et des porte-paroles des masques dans le processus de désignation du chef. Il estime que la mise à l’écart de certaines de ces composantes pourrait fragiliser la légitimité du chef finalement désigné.

L’auteur appelle ainsi à la désignation d’un « Chef de consensus », susceptible de bénéficier de l’adhésion des différentes composantes de la communauté. Il invite également le chef du canton à préserver la paix et la cohésion de Guéhouo.

À Monoko-Zohi, la crise a pris une tournure dramatique

À Monoko-Zohi, les tensions ont atteint un niveau particulièrement préoccupant le vendredi 28 août 2026, lors de l’intervention d’éléments de la gendarmerie dans le village.

Selon des témoignages d’habitants, une partie de la population, notamment des jeunes, contestait ce qu’elle considérait comme une volonté d’imposer un chef central dans le cadre du processus engagé par les autorités administratives.

Des grenades lacrymogènes auraient été utilisées pour disperser les habitants. Plusieurs personnes auraient ensuite été interpellées et conduites à la brigade de gendarmerie de Vavoua. Des images présentées comme celles d’arrestations musclées ont circulé sur les réseaux sociaux.

La situation a pris une dimension dramatique avec l’annonce du décès d’un jeune homme qui aurait figuré parmi les personnes interpellées. Il aurait été retrouvé sans vie dans les locaux de la brigade de gendarmerie.

Des habitants affirment que le jeune homme aurait subi des violences durant sa détention. Ces accusations, qui ne sont pas encore établies de manière indépendante, devront être vérifiées par une enquête permettant de déterminer les circonstances exactes du décès.

La population de Monoko-Zohi réclame notamment une enquête transparente et indépendante, afin d’établir les causes de la mort et les éventuelles responsabilités.

Deux localités, une même revendication de consensus

Les événements de Monoko-Zohi et de Guéhouo, survenus à un jour d’intervalle, illustrent la sensibilité de la question de la désignation des chefs coutumiers dans certaines localités de l’ouest ivoirien.

À Monoko-Zohi, la contestation s’est accompagnée d’arrestations et d’un décès dont les circonstances restent à élucider. À Guéhouo, elle a débouché sur des échauffourées entre des jeunes et la gendarmerie alors qu’une réunion consacrée à la désignation du chef devait se tenir.

Dans les deux localités, une partie des populations semble surtout préoccupée par la légitimité et l’acceptation du processus de désignation. Les revendications exprimées portent notamment sur la nécessité d’une concertation plus large et d’un chef bénéficiant de l’adhésion de la communauté.

La recherche du consensus apparaît ainsi comme un enjeu central pour sortir de ces crises. Le dialogue entre autorités administratives, responsables coutumiers, jeunesse et différentes composantes des communautés apparaît plus que jamais nécessaire pour éviter une nouvelle escalade et préserver la cohésion sociale.

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