La reprise intervient après plusieurs mesures portant notamment sur l’inspection technique de l’ensemble du parc automobile, la formation des conducteurs, la régularisation des documents de bord ainsi que le règlement des amendes et frais liés à l’accident. Les autorités ont indiqué avoir constaté l’exécution satisfaisante des conditions prescrites.
Un accident qui avait fait 39 morts
Le 13 juillet 2026, un car de Diarra Transport avait été victime d’une sortie de route à hauteur du village de Zouzousso 3, sur l’axe Touba-Biankouma, avant de terminer sa course dans le fleuve Bafing.
Le bilan du drame s’était établi à 39 morts, dont le chauffeur et son apprenti, 45 blessés et sept survivants indemnes. Au total, 91 personnes se trouvaient à bord du véhicule, alors que sa capacité maximale autorisée était de 69 places, soit une surcharge de 22 passagers.
La majorité des victimes avaient péri par noyade après la chute du car dans le fleuve. Ce drame avait suscité une forte mobilisation des services de secours et des autorités, tout en relançant les préoccupations relatives au respect des normes de sécurité dans le transport public interurbain.
Des manquements relevés lors des contrôles
Les investigations techniques menées sur le véhicule accidenté auraient mis en évidence plusieurs irrégularités. Le car circulait notamment sans visite technique valide depuis plus d’un an, selon les éléments issus de l’enquête technique menée sur le site de la SICTA à Yopougon.
La surcharge du véhicule a également été relevée comme un élément majeur du dossier, avec 91 occupants à bord pour une capacité maximale de 69 places.
À la suite du drame, les autres autocars de Diarra Transport ont été rapatriés de Yamoussoukro vers Abidjan afin de subir des inspections mécaniques approfondies. Cette opération visait à identifier d’éventuelles défaillances et à s’assurer de la conformité de l’ensemble du parc automobile.
La carte de transporteur suspendue
À la suite de l’accident, le ministère des Transports avait suspendu la carte de transporteur de Diarra Transport. La mesure, décidée le 24 juillet 2026, devait rester en vigueur jusqu’à l’exécution des prescriptions techniques, administratives et réglementaires fixées par les autorités.
La compagnie devait notamment soumettre tous ses autocars à une inspection technique à Abidjan, faire évaluer l’aptitude de ses conducteurs à la conduite de véhicules de grande capacité et justifier la détention du Certificat d’Aptitude de Conducteur Routier (CACR) par les chauffeurs concernés.
Les autorités avaient également exigé le suivi du comportement des conducteurs au moyen de la vidéoverbalisation, leur sensibilisation aux infractions routières relevées par ce dispositif ainsi que le règlement de la totalité des frais justifiés engagés à l’occasion du drame.
Des conducteurs soumis à une formation renforcée
La levée de la suspension a également été conditionnée au renforcement des compétences des conducteurs. Ceux-ci ont bénéficié d’une formation exceptionnelle destinée à améliorer leur aptitude à la conduite des véhicules de grande capacité.
La compagnie devait en outre s’assurer que ses chauffeurs disposent du CACR, conformément aux exigences réglementaires applicables au transport routier de voyageurs.
Les documents de bord des véhicules ont également été actualisés dans le cadre du processus de remise en conformité.
Le propriétaire et un chef de gare placés sous mandat de dépôt
Le drame a également donné lieu à des poursuites judiciaires. Le propriétaire du car, Inza Diarrassouba, et le chef de gare de Diarra Transport à Odienné, Daouda Sylla, ont été interpellés puis placés sous mandat de dépôt par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Touba.
La levée de la suspension administrative n’entraîne toutefois pas la clôture de cette procédure. Le communiqué conjoint de l’ARTI et de la DGTTC précise que la reprise des activités de Diarra Transport intervient sans préjudice de la procédure judiciaire et pénale en cours.
La décision administrative ne préjuge donc pas des éventuelles responsabilités pénales qui pourraient être établies par la justice.
Une régularisation financière exigée
Dans le cadre des conditions imposées pour la reprise, Diarra Transport devait également procéder à la régularisation de sa situation financière auprès des autorités compétentes.
Cette démarche comprenait notamment le paiement des amendes routières accumulées par l’entreprise ainsi que la prise en charge des frais justifiés liés au drame du 13 juillet.
Ces obligations s’inscrivaient dans le dispositif global de mise en conformité exigé avant la reprise des activités commerciales de la compagnie.
Des contrôles renforcés sur les routes
La reprise des activités de Diarra Transport ne signifie pas la fin des contrôles. L’ARTI et la DGTTC annoncent la poursuite de contrôles inopinés sur les véhicules de transport, en complément des vérifications courantes effectuées sur le parc automobile national.
À la suite du drame de Touba-Biankouma, l’ARTI a également engagé une campagne accrue d’inspection des véhicules de transport afin d’identifier les opérateurs ne respectant pas les normes en vigueur.

