Du 12 au 17 août 2026, le camp scout d’Agbagnanssou, dans la sous-préfecture de Bouaké , a accueilli une vaste campagne de sensibilisation du projet « C’EST LA VIE » sur la santé sexuelle et reproductive. À travers des échanges en petits groupes, des animations ludiques et des espaces d’écoute, les organisateurs ont voulu libérer la parole des jeunes et en faire des relais d’information dans leurs communautés.
« C’EST LA VIE » a mené, du 12 au 17 août 2026, une opération de sensibilisation à la santé sexuelle et reproductive auprès de centaines de jeunes venus de plusieurs localités du pays. L’initiative, axée sur la prévention et l’éducation, a mis l’accent sur le consentement, les violences sexuelles et l’accès à la bonne information, dans un cadre pensé pour favoriser l’échange et l’écoute .Pensé comme une action de proximité, le projet a profité du camp scout pour toucher à la fois les jeunes et leurs encadreurs dans un environnement qu’ils connaissent bien. Selon Marie‑Michelle Camara, formatrice et assistante au commissaire régional chargé de l’engagement des jeunes et des programmes internationaux, ce contexte est particulièrement favorable à la discussion. « Le camp nous offre donc une belle opportunité de créer un espace d'échange régulier, de renforcer les connaissances sur la santé sexuelle et reproductive et surtout de permettre aux jeunes de poser leurs questions librement, sans jugement », a-t-elle expliqué.
Le choix du camp scout n’est pas anodin. Pour Marie‑Michelle Camara, le scoutisme repose sur la vie en petits groupes, l’apprentissage par l’action et la responsabilisation des jeunes ; ce qui facilite la circulation de l’information et la correction des idées reçues. « C'est donc important pour nous d'être présents dans cet environnement pour apporter les bonnes informations, corriger certaines idées reçues et permettre aux jeunes de discuter de sujets parfois sensibles dans un cadre qui leur est familier », a-t-elle ajouté .Pendant cinq jours , les organisateurs ont alterné formations, ateliers, causeries, ciné-débats, visites de stands et animations sportives. La Color Run et le « Mondial pour la vie » ont notamment servi de support ludique pour faire passer les messages de prévention. Les ciné-débats ont permis d’ouvrir la discussion à partir de scènes concrètes, tandis que la tente d’écoute et l’espace mis en place avec l’UNICEF offraient un cadre confidentiel pour les confidences et l’orientation vers des services adaptés .Les échanges ont surtout porté sur le consentement et les violences sexuelles, en particulier celles qui ne sont pas forcément physiques et qui restent souvent mal identifiées par les jeunes.
Le projet a ainsi voulu donner aux participants des repères simples pour reconnaître les situations à risque, savoir comment réagir et vers qui se tourner en cas de besoin .Un accent particulier a également été mis sur la participation des filles. Elles sont encouragées à prendre la parole, à animer certaines causeries et à jouer un rôle de pairs éducatrices, tandis que les garçons sont eux aussi impliqués afin de faire de la sensibilisation une démarche collective et inclusive. Cette orientation vise à renforcer le leadership féminin et à élargir la participation de tous les jeunes.
Pour assurer la continuité des messages après le camp, les organisateurs prévoient la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs et de pairs éducateurs. Ceux-ci devront poursuivre les discussions dans leurs espaces de vie à travers des agoras et des rencontres éducatives. L’objectif est que le camp ne soit pas une action isolée, mais le point de départ d’un relais durable au sein des communautés .À l’issue de cette activité, les initiateurs espèrent voir des jeunes mieux informés, plus confiants et capables de relayer à leur tour les bonnes pratiques. « Il est donc important de chercher la bonne information, de savoir reconnaître les situations qui peuvent être dangereuses et surtout de savoir que demander de l'aide n'est jamais une faiblesse », a insisté Marie‑Michelle Camara .Dans les rangs des participants, l’initiative a été bien accueillie. « J’ai mieux compris la notion de consentement grâce aux échanges en petits groupes. Je m'engage à suivre les conseils que nous avons reçus et faire le relais auprès de mes amis » a indiqué Giselle Kouabenan .
Parfait Kantiono, 20 ans révolus , estime pour sa part que les activités sportives ont permis de rendre les messages plus faciles à retenir et plus proches de la réalité des jeunes .
Au-delà de l’information, l’enjeu est de faire des jeunes des relais actifs capables de parler sans tabou des questions qui touchent à leur santé et à leur protection.

