Sur instruction du ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, la Brigade Spéciale de Surveillance et d’Intervention (BSSI) a mené le dimanche 23 août 2026 une opération d’envergure à Zaranou, sur l’axe Bébou, aboutissant au démantèlement d’un important site d’orpaillage clandestin, à la destruction de matériel lourd et à la mise à disposition du Pôle pénal économique et financier de cinq personnes interpellées ; un ressortissant togolais serait par ailleurs décédé par noyade lors des mouvements de fuite.
La BSSI est intervenue après la réception d’un renseignement précis confirmé par une surveillance aérienne. Placée sous le commandement du Commandant adjoint Ouraga Ouayou Joël et selon les orientations du colonel Abbé Flavien Gerard, la force a déployé 50 agents et un important dispositif logistique pour neutraliser les activités illégales sur le site. À l’arrivée des équipes, les inspecteurs ont découvert une installation organisée dédiée à l’extraction et au traitement de l’or, marquée par de nombreuses excavations, abris de fortune et machines en activité.
La rapidité et la maîtrise de l’intervention ont permis de mettre fin aux opérations d’extraction et de sécuriser le périmètre. Les agents ont saisi et détruit des équipements considérables : 189 motopompes, 23 concasseurs, 28 laveries, 70 tapis de lavage, 243 raccords et 59 abris de fortune. À ces destructions s’ajoutent la saisie de huit motos, 82 bouteilles de gaz B6 et divers matériels (pelles et outils logistiques) utilisés pour les activités clandestines. L’ampleur du dispositif matériel retrouvé laisse transparaître l’investissement et l’organisation des exploitants illégaux.
Cinq individus ont été appréhendés en flagrant délit et remis au Pôle pénal économique et financier pour les suites judiciaires appropriées. Il s’agit de S. A. S, 25 ans, de nationalité burkinabé ; N. S et W. I, de nationalité togolaise ; M. A. R, 24 ans, burkinabé ; et B. K, 27 ans, togolais. Les enquêtes ouvertes visent à déterminer l’étendue des réseaux impliqués et les éventuels soutiens logistiques ou financiers.
L’opération a toutefois été entachée d’un événement tragique .Lors des mouvements de fuite sur un terrain particulièrement escarpé, un ressortissant togolais serait décédé par noyade. Les circonstances de ce décès ont été consignées dans la procédure transmise au Procureur du Pôle pénal économique et financier, qui décidera des suites judiciaires.
Au-delà des conséquences immédiates en termes d’arrestations et de destructions, l’intervention met en lumière les dégâts environnementaux et sociaux causés par l’orpaillage illégal . Des pratiques qui contribuent à la dégradation des forêts, à la détérioration des cours d’eau et à la mise en danger des populations riveraines. En neutralisant ce site, la BSSI entend limiter l’impact sur les écosystèmes locaux et dissuader la réinstallation rapide des activités illégales.
L’opération « WAVIE », dont le nom signifie « c’est fini » en langue Agni, envoie un message clair. L’État reste déterminé à combattre l’orpaillage illégal par des actions répressives coordonnées et un suivi judiciaire ferme. Pour traduire cette volonté en résultats durables, les autorités devront cependant conjuguer répression, renforcement des contrôles, programmes de sensibilisation et propositions d’alternatives économiques aux populations concernées, afin d’empêcher la résurgence de telles exploitations et de préserver les ressources naturelles pour les générations futures.

