Gouvernance de l'Internet : Le FGI Bénin renforce les compétences d'une trentaine d'acteurs à Ouidah

L'Empreinte·27 août 20263 min
Gouvernance de l'Internet : Le FGI Bénin renforce les compétences d'une trentaine d'acteurs à Ouidah

Le Forum sur la Gouvernance de l’Internet au Bénin (FGI) en collaboration avec Internet Society Chapitre du Bénin a lancé, le jeudi 27 août 2026 au siège de l’ONG Bénin Labs à Ouidah, la 9e édition de l’École de la Gouvernance de l’Internet (EGI Bénin).

Renforcer les capacités des acteurs locaux sur la protection des droits humains et les enjeux émergents du numérique, l'objectif principal visé. Placée sous le thème « Protection de la vie privée, liberté d’expression et accès à l’information : les droits humains au cœur de la gouvernance de l’Internet », cette session met l'accent sur la place centrale des droits fondamentaux dans la régulation et l'évolution du réseau. Une trentaine de participants, bénéficient de cette formation, dont les échanges visent à répondre aux mutations technologiques actuelles tout en renforçant les compétences d'analyse et d'action des participants. Dans cette logique, le choix de la cité historique de Ouidah pour abriter cette formation, répond à une stratégie de décentralisation et de vulgarisation de la culture numérique c'est à dire toucher les populations qui n'ont encore tout le contenu et le contenant de ce qu'est l'Internet. « Nous expliquons ce qu'est l'Internet en montrant les différents acteurs et composantes. Il y a aussi le côté juridique, de la cybersécurité sans oublier, l'intelligence artificielle qui est très importante », explique Jessika Abété, Directrice exécutive adjointe du Forum sur la Gouvernance de l'Internet au Bénin.

Décryptage du modèle multi-acteurs et enjeux locaux

Les travaux académiques ont démarré par une communication inaugurale consacrée au module introductif sur les principes et mécanismes de la gouvernance du réseau animé par Harold ADJAHO, expert en gouvernance de l'Internet et formateur de l'école de la gouvernance. Il est revenu sur le modèle collaboratif regroupant l'État, le secteur privé, les universités, la communauté technique et la société civile. Au niveau national, ce cadre s'illustre par les investissements publics dans la fibre optique, le rôle des opérateurs de télécommunications, la formation académique des jeunes techniciens et l'engagement des usagers pour un usage sécurisé du réseau. « Nous avons parlé des mécanismes et des modèles qui font que nous avons différents acteurs qui se réunissent chaque fois et qui, au nom de ces principes, doivent travailler ensemble pour définir comment l'Internet fonctionne aujourd'hui et fonctionnera pour les années à venir », a souligné Harold Adjaho.

Revenant sur l'ancrage territorial de ces principes, il a également insisté sur la responsabilisation des acteurs locaux face aux risques émergents. « Il s'agit de voir comment nous, acteurs, pouvons nous y situer et ce que nous avons à faire pour apporter notre pierre à l'édifice au niveau local », estime le formateur. Pour ce dernier donc, la gouvernance de l'Internet repose sur un modèle multi-acteurs où l'État, le secteur privé, les universités, la communauté technique et la société civile unissent leurs efforts pour définir les règles d'un réseau pérenne et sécurisé. L'enjeu central demeure donc la responsabilisation de chaque partie prenante au niveau local, afin que l'ensemble de la communauté contribue activement à la résolution des défis nationaux, à commencer par la lutte contre la cybercriminalité.

Une approche pratique face aux enjeux émergents

Face aux transformations rapides apportées par les technologies émergentes et l'intelligence artificielle générative, c'est à dire les enjeux de cybersécurité, la désinformation et les questions relatives à la souveraineté numérique africaine, l'atelier marque une rupture avec les schémas d'apprentissage théoriques traditionnels. Conçue comme une école de production, la session combine interventions d'experts nationaux comme internationaux, travaux pratiques et simulations interactives. Elle permettra aux participants d'endosser divers rôles issus du secteur public, du monde des affaires ou de la société civile afin de traiter des défis réels comme la régulation des plateformes, la désinformation ou la protection des données personnelles. Ce dispositif offre aux apprenants l'occasion d'apporter des solutions concrètes face aux problématiques contemporaines de la gouvernance numérique.

Des livrables concrets pour impacter l'écosystème.

Pour cette première journée de formation, l'EGI met donc un point d'honneur à transformer les apprentissages en actions concrètes. Répartis en groupes de travail, les participants sont amenés à élaborer des recommandations stratégiques, des notes de position ainsi que des contenus de sensibilisation multimédias destinés à éclairer le grand public sur les généralités liés à l'Internet. Les activités se poursuivent sur le même site et s'achèveront Le vendredi 28 août 2026.

Araphath ADAM

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