Les images sont difficiles à regarder. Sur la vidéo, de nombreux captifs sont assis à même le sol, dans une zone forestière, sous la surveillance d’hommes armés. Des enfants sont notamment visibles et audibles sur les images.
La vidéo aurait été publiée dimanche sur Facebook et WhatsApp, deux jours après l’attaque d’une mosquée du village de Dekara, dans l’État de Niger, au centre-nord du Nigeria. Les assaillants auraient profité de la prière du vendredi pour faire irruption dans la localité et enlever plusieurs fidèles. Des habitants affirment également que des attaques simultanées ont touché d’autres communautés voisines.
Face aux images, des familles tentent de reconnaître leurs proches. Un habitant interrogé par Reuters affirme avoir identifié treize personnes qu’il connaît personnellement. D’autres riverains disent avoir reconnu des membres de leurs familles, notamment des femmes, des enfants et des personnes âgées.
Mais une importante zone d’ombre demeure : combien de personnes ont réellement été enlevées ?
Le chiffre de près de 600 captifs avancé par des habitants n’a pas été confirmé officiellement. La police nigériane avait reconnu l’attaque contre les fidèles, mais indiquait ne pas être en mesure de vérifier le nombre exact de personnes enlevées. De son côté, Reuters précise ne pas avoir pu authentifier de manière indépendante la date et le lieu exacts où la vidéo a été enregistrée.
Cette incertitude n’enlève toutefois rien à la gravité de la situation. Les enlèvements de masse sont devenus un problème majeur dans plusieurs régions du Nigeria. Des groupes armés ciblent régulièrement des villages, des écoles, des routes et désormais des lieux de culte, avec pour objectif fréquent d’obtenir des rançons.
Ces violences ne se limitent d'ailleurs plus à quelques zones isolées. Les gangs armés ont progressivement étendu leurs opérations dans plusieurs régions du pays, alimentant un climat d'insécurité qui inquiète profondément les populations.
Selon des informations rapportées par les autorités locales, une opération est en cours pour évaluer la situation, retrouver les assaillants et faciliter le sauvetage des personnes enlevées. Les familles, elles, attendent surtout des nouvelles de leurs proches et appellent les autorités fédérales et locales à agir rapidement.

