La sécurité des patients est au cœur des échanges à Cotonou. Réunis autour du thème « La sécurité des patients, un impératif pour l’amélioration de la qualité des soins au Bénin », les acteurs du secteur de la santé veulent renforcer les pratiques permettant de prévenir les erreurs et les événements indésirables dans les établissements de soins.
Pour Christiane Aguemon, présidente du comité scientifique, la sécurité des patients constitue avant tout une obligation éthique, morale et professionnelle. Chaque patient qui entre dans un établissement de santé confie aux professionnels ce qu’il a de plus précieux, sa vie et sa santé. Une responsabilité qui impose, selon elle, vigilance, compétence, organisation et amélioration continue des pratiques.
Cinq axes au cœur des échanges
Les travaux portent notamment sur la gestion des risques et des événements indésirables, la sécurité périopératoire, la radioprotection, la sécurité des patients en périnatalogie ainsi que la contribution de l’intelligence artificielle à la sécurité des soins.
Conférences, communications scientifiques, présentations affichées et tables rondes sont au programme. L’objectif est de confronter les expériences et de dégager des solutions concrètes adaptées aux réalités des établissements de santé béninois.
Prévenir les risques au quotidien
Le président du Conseil national de la médecine hospitalière, Marcel Zannou, a insisté sur le rôle des pratiques quotidiennes dans la sécurité des patients. Bonne identification du malade, hygiène des mains, surveillance des médicaments et prévention des risques évitables constituent autant de gestes qui participent à la qualité des soins.
Il a également appelé les professionnels à analyser leurs pratiques avec rigueur. Cette réflexion doit permettre de développer une véritable culture de la sécurité dans les établissements, malgré les contraintes liées notamment à la charge de travail, à la maintenance des équipements et aux besoins en ressources humaines.
L’OMS alerte sur les préjudices liés aux soins
La représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Sonia Ouédraogo, qui a lu le message du Représentant résident de l’organisation, a rappelé l’ampleur du défi à l’échelle mondiale.
Selon l’OMS, environ un patient sur dix subit un préjudice au cours de sa prise en charge et plus de trois millions de décès surviennent chaque année à la suite de soins non sécurisés.
Pour l’organisation, la sécurité des patients est à la fois une exigence éthique, un droit fondamental des usagers et une condition essentielle à la couverture sanitaire universelle. Elle rappelle également le Plan d’action mondial pour la sécurité des patients 2021-2030, adopté en 2021, qui encourage les États à renforcer la gouvernance, les systèmes de soins, la sécurité des processus cliniques, l’implication des patients, les ressources humaines et la gestion des risques.
Un dispositif réglementaire renforcé au Bénin
Le Bénin entend inscrire cette exigence dans la durée. Le ministre de la Santé, dont le discours a été lu par Jean-Claude Lodjou, a rappelé les mesures prises pour encadrer la sécurité des patients.
Le décret n° 2025-481 du 23 juillet 2025 réglemente le dispositif de sécurité des patients au Bénin. La décision n° 2025-05/ARS/COL du 31 octobre 2025 précise, quant à elle, les modalités d’évaluation et de déploiement du dispositif dans les établissements hospitaliers et les structures de soins de premier contact.
L’Autorité de Régulation du Secteur de la Santé (ARS) a déjà évalué un premier lot de 150 établissements entre décembre 2025 et janvier 2026. Le renforcement des effectifs d’évaluateurs externes intervenu en juillet 2026 doit permettre d’élargir cette opération.
Tous les acteurs concernés
Pour les responsables du secteur, la sécurité des patients ne relève pas de la seule responsabilité des médecins. Elle implique l’ensemble des professionnels intervenant dans la chaîne de soins, des infirmiers aux techniciens, en passant par les personnels administratifs.
Le ministre de la Santé a ainsi appelé les participants à profiter de ces journées pour partager leurs expériences, identifier les pratiques efficaces et corriger les insuffisances. L’objectif est de faire émerger des solutions susceptibles d’être durablement intégrées dans les établissements de santé.
L’OMS a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Bénin aux côtés du ministère de la Santé, de l’ARS, des établissements hospitaliers, des universités, des organisations professionnelles, des partenaires techniques et financiers et des associations de patients.

