Une convocation que le parquet présente comme régulière
Selon l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP), le procureur affirme que Justin Katinan Koné a été régulièrement convoqué et entendu. Il soutient également que les délais de garde à vue ont été respectés et que quatre avocats étaient présents lors des auditions. Le parquet conteste ainsi l’idée d’une retenue arbitraire.
Le procureur a également expliqué que le fait, pour une personne entendue, de choisir de garder le silence ou de ne pas répondre aux questions des enquêteurs n’empêche pas, selon lui, la tenue d’une audition. Ces éléments constituent la présentation du parquet sur le déroulement de la procédure ; les arguments de la défense demeurent distincts.
Deux procédures évoquées par le parquet
Le premier volet concerne une plainte déposée le 7 septembre 2026 par le RHDP contre Justin Katinan Koné. Le communiqué du procureur du 11 septembre indiquait que cette plainte portait notamment sur des faits de diffamation, d’injure par le biais d’un système d’information et de diffusion de fausses nouvelles.
Le procureur a toutefois précisé que la détention de Justin Katinan Koné ne reposait pas uniquement sur cette première procédure. Un second volet porte, selon le parquet, sur des faits liés aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025. Le communiqué du 11 septembre faisait état d’une information judiciaire ouverte à la suite de son déferrement devant la section antiterroriste du tribunal d’Abidjan, avec plusieurs chefs d’inculpation mentionnés par le parquet.
Le parquet invoque des faits remontant à 2025
Lors du point de presse, Koné Braman Oumar a expliqué que les investigations concernant les événements de la période électorale de 2025 se poursuivaient. Il a également rejeté l’idée selon laquelle le calendrier de la procédure serait déterminé par des considérations politiques.
« Le timing des hommes politiques n’est pas le mien », a déclaré le procureur, selon les comptes rendus de la conférence de presse.
La question du statut d’ancien ministre
Un autre point abordé concerne le statut d’ancien ministre revendiqué pour Justin Katinan Koné et les conséquences procédurales que ses avocats souhaitent en tirer. Le procureur conteste l’applicabilité, dans cette affaire, du régime invoqué par la défense. Il s’est notamment référé à la situation du gouvernement Aké N’Gbo et à l’ordonnance n°2011-59 du 14 avril 2011.
Sur ce point, il s’agit d’une question juridique contestée entre les parties. Le présent article rapporte la position exposée par le parquet et ne préjuge ni de la décision finale de la juridiction compétente ni de la responsabilité pénale de l’intéressé.
Une affaire à forte dimension politique et judiciaire
L’affaire intervient dans un contexte politique sensible. Le PPA-CI avait auparavant dénoncé ce qu’il qualifie de « harcèlement judiciaire » contre ses cadres et militants et contesté le fondement de la procédure visant Justin Katinan Koné. Le parti avait notamment lié la procédure à une intervention publique de son responsable.
Le parquet affirme, de son côté, que le second dossier est lié aux enquêtes portant sur les troubles de la période électorale de 2025. Les positions du parquet, de la défense et du parti doivent être distinguées afin de préserver une présentation factuelle du dossier.
Ce qu’il faut retenir
Le procureur de la République a tenu une conférence de presse le 16 septembre 2026 à Abidjan.
Le parquet rejette l’accusation de « séquestration » et affirme que Justin Katinan Koné a été régulièrement convoqué et entendu.
Le procureur évoque deux procédures distinctes : une liée à la plainte du RHDP et une autre concernant des faits liés aux troubles de la période électorale de 2025.
Le parquet affirme que la détention actuelle repose sur le second volet.
La défense conteste le fondement et les conditions de la procédure.
Les accusations rapportées ne constituent pas, en elles-mêmes, une déclaration de culpabilité définitive.
