Selon les études disponibles, le futur pont traversera la lagune Ébrié sur environ 1,5 kilomètre, en deux sections distinctes : Abatta–Koumassi et Koumassi–Port-Bouët. Le tracé permettra de relier directement les quartiers résidentiels de l’est d’Abidjan aux zones économiques et à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny, sans passer par les axes déjà saturés du Plateau, de Marcory ou du pont Félix Houphouët-Boigny.
Le coût prévisionnel du projet est estimé à près de 200 milliards de FCFA. Sa réalisation devrait se faire sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP), avec un système d’exploitation à péage. Deux groupes se sont déjà positionnés sur le dossier : la société chinoise China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) et Socoprim, concessionnaire du pont Henri-Konan-Bédié.
Une réponse aux embouteillages chroniques
Abidjan compte aujourd’hui plus de six millions d’habitants et connaît une croissance urbaine rapide. Chaque jour, des milliers d’automobilistes subissent de longs embouteillages, notamment sur les principaux ponts reliant les différentes communes de la ville.

Le futur 6ᵉ pont apparaît ainsi comme une solution pour fluidifier les déplacements entre Cocody, Bingerville, Koumassi, Port-Bouët et l’aéroport. Les habitants d’Abatta et des zones périphériques de l’est d’Abidjan pourraient ainsi réduire considérablement leurs temps de trajet.
Le projet s’inscrit également dans la vision d’une ceinture routière destinée à contourner le centre-ville et à mieux répartir les flux de circulation. Cette stratégie complète d’autres grands chantiers structurants, notamment le métro d’Abidjan, le développement des voies rapides et l’extension du réseau routier urbain.
Des défis techniques et environnementaux
La construction du pont devra toutefois relever plusieurs défis. Le tracé traverse des zones urbanisées et devra tenir compte de la présence de certaines infrastructures existantes, notamment des installations liées à l’Aérocité et au parc des expositions d’Abidjan. Des études d’impact environnemental et social sont également nécessaires afin de limiter les conséquences sur les populations et les écosystèmes lagunaires.
Les spécialistes évoquent aussi des contraintes techniques importantes, notamment la profondeur du sol sous la lagune, qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de mètres avant d’offrir une assise stable aux fondations du pont.
Un projet attendu par les populations
Au-delà de l’ouvrage lui-même, le 6ᵉ pont représente un enjeu économique majeur. En facilitant les déplacements des personnes et des marchandises, il pourrait renforcer l’attractivité de plusieurs communes, stimuler les investissements immobiliers et améliorer la compétitivité de la capitale économique.

Si le calendrier annoncé prévoit un démarrage des travaux à partir de 2026, plusieurs étapes restent encore à franchir, notamment la finalisation des études techniques, environnementales et financières ainsi que la sélection définitive du partenaire chargé de la réalisation.

